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Mbégane Ndour, un soldat de la cause africaine.

Le rappeur Mbégane Ndour, ancien membre du groupe Djolof, revient en force avec son nouvel opus Jaam. En compagnie d’Hakim, un monstre de la musique qu’il est inutile de présenter depuis longtemps, l’artiste sénégalais, montre si besoin en était, que l’afro pessimisme que certains fils du continent noir prennent pour un signe d’intelligence et une marque de courage n’est en fait qu’une dérobade devant l’énormité de la tâche. L’espoir est permis, mieux rien ne force à désespérer.

Un cours sur l’histoire de l’Afrique pour expliquer la situation qui est sienne n’est pas le propos de cette communication (Mbégane Ndour et d’autres avant nous l’ont d’ailleurs admirablement fait chacun selon l’angle qu’il a choisi) mais il serait déraisonnable de passer sous silence le fait qu’il faut estimer à sa juste valeur la résistance du peuple africain qui lui vaut d’être encore là. Qu’en serait-il advenu des autres communautés si elles avaient connu la trajectoire des africains ? Dieu Seul le sait, mais chacun peut s’en faire une idée qui peut décontenancer par sa justesse.

La lucidité est une caractéristique bien connue de Mbégane Ndour, mais c’est le symbolisme qui se dégage de Jaam qui est remarquable. Mbégane Ndour, descendant du fondateur du Saloum dont il porte les nom et prénom, et Hakim, petit-fils d’africains arrachés de force à la terre mère dont on a tenté d’effacer l’identité par l’imposition de noms et prénoms dont le ridicule n’était qu’à l’aune du dessein funeste qui les sous-tendait, ensemble pour livrer un message mancipateur à la Diaspora noire. Comme nous y invita Bob Marley, ils se lèvent pour libérer le peuple noir des liens de la servitude qui corrompent son esprit. Ils ne s’y sont pas trompés : la pire des soumissions c’est celle acceptée parce que considérée comme un ordre établi auquel il ne faut pas déroger voire un décret divin. Ce que Mbégane Ndour a compris avant beaucoup, c’est que l’Afrique ne se fera qu’avec tous ses fils et filles, quelque soit leur position sur les hémisphères. C’est un appel à la mobilisation des enfants de l’Afrique qu’il lance urbi-et-orbi. Il ne fait aucun doute que le vent le portera aux quatre coins du globe. En fait, c’est sans optimisme béat que ce « Jambar » monte au créneau pour servir la cause de l’Afrique : il y aura toujours de pauvres gens qui auront un haricot à la place du cerveau et qui se verront portés au devant de la scène, sous les feux de la rampe pour véhiculer de fausses valeurs à l’endroit de la masse crédule. C’est ainsi depuis la nuit des temps : choisir dans la plèbe les individus les plus malléables afin de les manipuler pour

promouvoir le chancre qui gangrène leur communauté. Seulement, l’histoire nous a appris1 et cette fois nous ne tomberons pas dans les mêmes travers. De plus en plus de personnes

responsables, clairvoyantes et déterminées se mobilisent à travers le monde pour que ceux qui s’attèlent à dévaloriser l’image de la femme noire, à dépraver la jeunesse africaine, à ruiner les potentialités du peuple noir soient identifiés et confondus dans leur jeu pervers. La coua rdise devant les stratégies de destabilisation de la relève noire est derrière nous. Le mouvement African Consciences est là pour nous en convaincre. Pour rappel, il s’agit d’un élan de réconciliation de la Nation Africaine avec elle-même afin d’œuvrer pour un épanouissement endogène de l’Afrique, pas uniquement par les africains au sens restrictif du terme (état civil) mais culturellement parlant (les africains à travers l’histoire se sont retrouvés de gré ou de force sur plusieurs continents). Mbégane Ndour est, avec Sizzla, le reggae man jamaïcain, la figure de proue de ce courant nouveau pour la renaissance africaine. Et heureusement, ils ont intégré le fait que la conscience africaine est plurielle et multiple (l’individu lui-même étant multidimensionnel) d’où le « s » au vocable « Consciences ». Ce mouvement qui rassemble de grands noms dans des domaines de compétences divers et variés est en phase de croissance extraordinaire autant au plan quantitatif que qualitatif. L’esprit fédérateur qui y est à l’œuvre a pour effet de rallier de plus en plus d’hommes et de femmes à cette démarche ambitieuse et engagée.

Jaam n’est qu’une pierre dans l’édification d’une Afrique apaisée, unie, mûre, souveraine et responsable, résolument tournée vers son avenir sans se mentir sur son histoire dont elle est fière, avec une lecture honnête et objective de son présent qu’elle assume. A ce titre, Jaam mérite que chacun de nous se l’approprie et en donne un écho enrichissant. Ce single, qui a tout pour être un heat parmi les tubes de l’année, augure d’un album fort intéressant qui fera le bonheur et la satisfaction de tous ceux qui récusent la démission. Sans faire de la propagande, c’est ce genre de titre qu’il est plaisant d’écouter, de méditer et de partager avec les autres. Il est aux antipodes des discours auto satisfaits des rappeurs américains emprisonnés dans l’egotrip qui ne demande aucune réflexion, nul effort d’introspection et d’analyse du monde dans lequel on se meut. Avec Jaam, rien dans le verbe ne heurte, aucune parole verte, pas le moindre écart de langage et le message n’en est pas moins fort. Au contraire, il fouette davantage nos consciences parfois engourdies par la routine et les messages subliminaux qui nous sont servis à longueur de journée à travers les médias au point que nous finissions par perdre le sens du dégoût, de l’indignation et autres notions qui participent de notre humanité.

Si je pouvais emprunter la compétence et l’autorité d’un prescripteur, à l’image du médecin qui administre une ordonnance à son patient, je le ferais volontiers. A défaut, je conseille vivement de saisir Jaam, cette main tendue au-delà des océans pour un meilleur devenir africain, un commun vouloir œuvrer ensemble. Cela prendra le temps qu’il faut, mais cela se fera. Est-il honorable de rester les bras croisés lorsque l’histoire s’écrit autour de soi ? Assurément non. Dire oui à Jaam c’est déjà un pas de franchi vers le militantisme révolutionnaire dont l’Afrique a besoin. Prenez-le pour ce que ça vaut mais Jaam c’est … autre chose.

Source : Xalima

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