Pourquoi une composition contre les Ape ?
Cette lutte contre les Ape a commencé depuis longtemps puisque nous avons déjà déroulé une communication avec le mouvement des alter-mondialistes.
En plus, nous avons déjà commencé à communiquer nous autres depuis Nairobi. D’ailleurs, sur Internet, vous voyez des images de Nairobi pour montrer que ce combat contre les Ape ne date pas d’aujourd’hui.
D’ailleurs pendant les Fespaco ? nous avons organisé des manifestations, il y a aussi Bamako d’où je viens il y a une semaine. Donc ? c’est un combat pour moi qui n’est pas nouveau, même si la question semble être nouvelle au Sénégal et on est heureux de voir que les Sénégalais se battent pour la non-signaturee des Ape.
Parlez-nous un peu de votre chanson sur les Ape...
La chanson, ce qu’elle dit, est trop simple, c’est qu’on n’a pas le droit de signer ces accords, car signer ces accords constitue une mort pour les paysans, les artisans, les commerçants, les industries, les commerces. Les commerces et les industries viennent de naître au Sénégal et en Afrique, donc on n’a pas le droit de nous mettre en compétition avec des gens qui sont plus riches, plus organisés, qui ont beaucoup de moyens financiers et qui veulent imposer leurs lois sur les faibles puissances sociales, industrielle, commerciales que nous sommes. Je pense que ce sont des accords crapuleux que l’Europe veut faire signer à l’Afrique, en essayant de lui forcer la main.
Selon vous, quelle attitude doivent adopter les chefs d’Etat d’Afrique face à cette question ?
Je pense qu’il faut être solidaire avec ceux qu’on a obligés à parafer, parce que personne n’a signé ; il y a seulement des Etats qui ont parafé. Donc, il faut qu’on soit solidaire et qu’on comprenne leurs positions et qu’on arrive tous ensemble à dire non aux Ape. Ce n’est pas facile parce que si la Côte d’Ivoire et le Ghana ont parafé, c’est parce qu’ils disent avoir l’accord... Maintenant, c’est au niveau de la Cedeao que cela va se discuter et ils ont remis cela entre les mains de la Cedeao, parce que ce sera aussi un devoir de solidarité, parce qu’ils ne sont pas dans la même situation que nous Pays moins avancés. Et ils ont des raisons d’avoir fait ce qu’ils veulent sans en informer la Cedeao. Je pense qu’ils sont revenus sur leurs raisons et on doit avoir une position solidaire vis-à-vis d’eux, pour qu’enfin, on agisse ensemble.
Comment voyez-vous la position de Me Wade sur cette question ?
La position du président Wade est salutaire sur cette affaire. Je pense qu’on doit l’applaudir pour ce qui concerne cette question. Je suis parfaitement d’accord avec lui parce qu’il nous rejoint dans notre combat de militant révolutionnaire, donc on ne peut qu’applaudir, parce que nous avons un nouveau militant maintenant pour cette question des Ape.
Quelle est la place des artistes africains dans ce combat ?
Oui, il y a beaucoup d’artistes que nous sommes en train de mobiliser actuellement dans mon studio. Il y a 16 artistes africains qui sont en train d’enregistrer. Il y a aussi le réseau de rappeurs « Poto Poto », les rappeurs sénégalais avec qui nous sommes ensemble pour faire un morceau. Il s’agit de Doug E Tee, Awadi, Daradji, Alex, Dabrains, Humane, entre autres. Nous essayons de faire notre devoir citoyen et panafricain.
Propos recueillis par Idrissa SANE et Eugène KALY
Source : Quotidien Le Soleil
