Article Par HAROUNA FALL ET IDRISSA SANE (STAGIAIRE) ,
Présentez-vous d’abord à nos lecteurs
On m’appelle Boy Jules. Je suis un Sénégalais établi aux Usa. Je viens de New York, plus précisément de Brooklyn. J’ai 21 ans.
Depuis quand êtes-vous parti aux Etats-Unis ?
Je suis allé là-bas depuis ma tendre enfance, quand j’avais deux ans. Depuis lors, c’est la deuxième fois que je reviens au Sénégal.
Peut-on savoir la date à laquelle vous avez commencé à faire du rap ?
J’ai fait des études jusqu’au niveau du High School. C’est après que j’ai commencé le rap. Car j’avais l’habitude d’écouter les Old School (la vieille génération) comme les Notorious Big. Et c’est là que j’ai commencé à faire du rap. Depuis, j’ai fait une croix sur les études.
Depuis combien de temps êtes-vous à la conquête de la notoriété ?
J’ai commencé à faire du rap depuis bientôt trois ans.
Le milieu du rap aux Usa est gagné par la violence. Comment est-ce que vous vous en sortez ?
Oui, aux Usa, le phénomène de gang est une réalité. Je peux dire que ce sont des bandes de jeunes. Mais, ça dépend. Même si tu ne crois pas à ces histoires de violence, tu dois quand même, pour assurer ta sécurité, avoir des jeunes autour de toi. D’ailleurs, si tu donnes l’air d’être cool, tu risques de subir des représailles.
Cela veut dire qu’il y a un gang autour de vous ?
Oui, tous mes amis d’enfance forment des gangs. Ce sont eux qui me protègent. Pour évoluer dans le hip-hop aux Usa, il faut être bien entouré et assurer sa protection.
Est-ce que vous écoutez le rap sénégalais ?
Je suis désolé. Mais j’ai commencé à écouter le rap sénégalais depuis que je suis au Sénégal. J’écoute souvent les émissions rap qui passent sur les ondes des radios de la place. J’avoue que les rappeurs du Sénégal font des trucs bétons.
Comparé aux Etats-Unis, quel regard portez-vous sur le rap sénégalais ?
Il y a une différence entre le rap d’ici et celui des Etats-Unis. Dans le rap sénégalais, il y a quelque chose d’important à savoir le message lancé à l’endroit du public. Contrairement au rap américain où la qualité musicale est impeccable. Donc, je pense que la différence se situe au niveau de la qualité des instruments et de la musique.
Alors, la qualité, c’est ici ou aux Usa ?
La bonne qualité se trouve incontestablement aux Etats-Unis. La place de leader au niveau mondial n’est pas à discuter. D’ailleurs, tout le monde copie sur les Etats-Unis.
Nous avons vu des filles trop sexy dans votre clip. Pouvez-vous nous dire comment vous avez fait pour les coopter ?
Nous avons de belles filles dans nos clips. Cela pousse les gens à aimer le clip. Les gens aiment bien des clips de ce genre. C’est comme une compétition. Aujourd’hui, tout le monde s’amuse à faire jouer de belles filles dans les clips.
Est-ce que vous avez des problèmes actuellement ?
J’avais des bisbilles avec mon père. Tout est parti de mon refus d’aller à l’école et d’avoir opté de faire du rap comme tous mes amis d’enfance. Suite à ce malentendu, comme ça se fait aux Usa, mon père ne pouvait pas m’expulser de la maison, car je n’avais pas encore 18 ans. Finalement, la loi a voulu que ce soit lui qui quitte. Et c’est là que ma vie est devenue un enfer car je ne pouvais pas, à moi seul, payer le loyer. Aussi, j’ai trouvé refuge chez des amis.
Vous avez fait un duo avec 50 Cent et un autre avec Mokobe. Pouvez-vous revenir sur ces morceaux ?
Concernant mon featuring avec 50 Cent, il faut retenir que je l’ai rencontré par le biais de son Dj qui est un ami. 50 Cent a assuré la partie refrain dans le morceau hommage à Amadou Diallo, un Guinéen tué par 41 coups de balles aux Etats-Unis. On a ensuite tourné le clip de ce morceau à Brooklyn. D’ailleurs, ce clip fait le tour du monde actuellement. Pour mon single avec Mokobe, nous avons fait ce morceau pour soutenir Barack Obama afin qu’il devienne le premier président noir aux Etats-Unis. Dans ce single, nous avons invité les Blacks à prendre exemple sur Obama. Ainsi, la communauté noire aura un nouveau visage aux Etats-Unis.
Combien de filles avez-vous draguées, depuis que vous êtes au Sénégal ?
(Rires). Non, depuis que je suis au Sénégal, je n’ai pas fréquenté les boîtes de nuit. Je suis là pour faire ma promotion. D’ailleurs, je sors rarement. Sinon, c’est pour honorer des rendez-vous d’affaires. Quand je venais, on m’a conseillé de ne pas m’amuser sur des trucs qui peuvent gâter ma carrière. Autrement dit, il faut me comporter en professionnel.
Comment trouvez-vous les filles au Sénégal ?
(Rires). Elles sont belles, cool et nickel.
Vous allez marier une Sénégalaise ou une Américaine ?
On ne sait jamais. Je peux marier une Sénégalaise. Il peut aussi arriver que je convole avec une Américaine.
Quels sont vos projets immédiats ?
Je dirai que l’opus sera disponible dès le mois de décembre. Ce sera la surprise pour beaucoup de personnes aux Usa de voir le premier Sénégalais faire du rap dur comme Big ou Tupac. Dans cet album, j’ai parlé de choses très importantes. Et ceux qui auront la chance de l’écouter comprendront. Donc, cet album est, pour moi, une façon de prouver. En attendant d’atteindre des niveaux pour signer avec des labels internationaux comme Universal et Sony.
Source : L’Observateur
